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6-Finition de planchers anciens

Question : Bonjour monsieur Martel.
J'ai découvert votre site internet depuis environ 1 an et je dois dire que je vais souvent le consulter et regarder les nombreuses photos. Je vous félicite, vous êtes un vrai passionné et surtout vous êtes très passionnant.

Mon conjoint et moi avons acquis une maison de 1880 qui était abandonnée depuis 8 ans. J'aurais bien aimé connaître votre site avant, nous aurions sûrement fait moins d'erreur en restaurant. Bon ce qui est fait est fait, il faut faire avec...

Là nous sommes rendus à redonner une beauté aux planchers. Nous avons des planchers de planches larges. Nous voulons les sabler légèrement pour laisser les signes du temps, mais nous ne voulons pas mettre de vernis.

Certains nous ont suggéré des procédés à l'huile, d'autres de la cire en pâte avec polissage. J'avoue que nous nous ne savons plus très bien quoi faire. Sur vos photos, je vois que vous avez de très beaux planchers.

Il me semble qu'il y en a au naturel et d'autres qui semblent être peints ou teints. Je sais que vous êtes très occupé, mais si vous pourriez me donner quelques conseils selon vos expériences, je vous en serais très
reconnaissante.
Sherbrooke


Réponse : Bonjour merci beaucoup pour vos beaux commentaires.
Pour répondre à votre question de finition de plancher, je vous fais un copier-coller de quelques textes, envoyés depuis quelques années, à d’autres personnes comme vous, qui veulent des infos sur le même sujet, les voici :


Pour savoir quoi mettre sur vos plancher, ça c’est une question de goût, vous voulez voir ça lustré, semi-lustré, ou mât ? Le problème avec les VERNIS comme les uréthanes brillants ou les cristals, c’est que ces vernis forment une pellicule sur le bois qui à la longue, surtout sur les bois mou, pin épinette, s’usent aux endroits de passages majeurs, et lèvent en galettes. (On parle d’une période d’utilisation de 15 à 25 ans, sans rafraîchissement du vernis.)


De plus lorsque de l’eau se retrouve sur le plancher ou lorsqu’on le lave, l’eau s’infiltre par des anciens trous de clous. L’eau est portée à aller SOUS le verni et faire des plaques noires, dues à des restants de clous enfoncés ou métal demeurés dans le bois.


Ces plaques noires d’oxydation de métal qui se forment, c’est du bois qui pourri SOUS LE VERNI, ça devient mou, facilement enlevable en grattant avec une cuillère. L’eau prisonnière sous le vernis, n’a pas pu sécher à cause de la membrane de verni. Voir des exemples d’usures en galettes et de taches sur les photos ci-bas # 1-2-3.

 

Photo 1

Photo 2

Photo 3

Je n’ai rien contre les vernis. Certains vernis à l’eau, mâts, donnent aussi de bons résultats, facilement "enlevable" si on veut rafraîchir ; intéressants aussi, pour qui veut accélérer l’usure naturelle du frottement des pieds, aux endroits de passages.

 

Si on conserver un plancher de bois mou, EXACTEMENT comme c'était dans le temps, c'est simple on ne met rien dessus et on le lave occasionnellement. Le bois va demeurer pâle et naturel, mais fragile aux taches permanentes. Ou tout simplement on le peint, avec des couleurs anciennes.


Si on met de la cire, ça va aussi lui donner un look un peu plus "mouillé" que de le laisser naturel. Le problème c'est quand il devient sale et taché, pour le nettoyer, il faut enlever la vieille cire, et ça c'est pas un cadeau.


La majorité des gens qui veulent protéger des planchers de bois mou antiques et de les mettre en valeur le plus naturel possible, avec une protection d’imperméabilité, vont s'orienter vers les huiles pour plancher. Plus on met de couches plus ça va devenir lustrer. Idéalement prendre des huiles conçues pour les planchers, qu’on reconnaît surtout sous la mention de : « huiles à parquets ».


L’avantage de l’huile c’est qu’il nourrit le bois et l'imperméabilise. Après plusieurs années d’utilisation si le bois perd de son lustre, on n’a qu’à nettoyer le plancher et remettre de l’huile, ce n'est pas plus compliqué que ça. Contrairement à un plancher verni qui va demander un sablage pour enlever la pellicule de verni avant d’en mettre un autre.




Un de mes amis de St-Grégoire Phil, a mis sur son ancien plancher, que j’ai reconstitué dans sa salle d’eau, de l’huile à Parquet, produit européen qu’il a acheté chez un antiquaire. Son choix s’est orienté vers une texture luisante par l’ajout de couches d’huile. Il adore ça pour une chambre de bain parce que c’est très imperméable et que ça s’entretien très bien. Ici on voit le plancher avec 3 couches d’huile qui lui donne cette apparence lustrée, qui va s’atténuer un peu avec le temps, à mesure que l'huile va pénétrer le bois.


Le plancher que l’on voit sur les photos ci-bas # 4-5-6, n’a pas été sablé, mais simplement lavé au dégraisseur et brosse manuelle et rincer au boyau d'arrosage (tour ça dehors naturellement, avant l'installation des matériaux dans la maison) Par la suite, une fois le bois bien séché, un petit nettoyage-sablage en surface avec une ponceuse. Vient en dernier lieu, l'installation puis le huilage.
 

Photo 4

Photo 5, "Les anciens ébénistes"

Photo 6

Les marques de commerce d’huiles à parquet que je vous illustre, ne sont qu’à titre d’exemple. Il y en a plusieurs autres marques sur le marché. Les huiles à parquets en général, sont assez dispendieuses.


Certains vont s’orienter vers de l’huile de lin, probablement le moins cher comme produit huileux. J’ai remarqué, que c’est long à sécher, 1 ou 2 ans et ça reste toujours un peu gommant en surface, ça peut faire noircir le bois en général au contact répéter de l’eau.

Si on utilise de l'huile de lin, ne jamais l'utiliser pur, à cause du séchage qui n'en finira pas, et de l'huile non séché, ça ramasse la crasse.
Il faut toujours dilué l'huile lin avec du diluant, au moins 50/50. Idéalement 30 huile/70 diluant.

Par contre, comme tout autre huile, l'huile de lin nourrit le bois. C’est un produit qui existe depuis des lunes, qu’on a utilisé à toute sorte d’usages dans l'temps. Entre autre, comme liant pour créer des couleurs avec des pigments végétal, telles couleurs qui font le régal des collectionneurs, lorsqu’ils les observent sur de vieux meubles.

 

Voici une autre suggestion pour l’huile à parquet, il s’agit du Parcoleum, vendu chez Les Artisans du meuble québécois, (88 Est, rue St-Paul Montréal), c'est de huile à parquet 100% végétale, à base d’huile de lin je crois.

Un de mes amis de St-Grégoire Mario, a utilisé 2 huiles, (selon les recommandations des Artisans du meuble)

  • 1 couche d’huile des Artisans pour le départ,
  • et 3 couches de parcoleum par la suite.

Il a appliqué ces huiles, sur différentes sortes de plancher.

Pour la préparation de ses planchers, Mario a opter pour la solution la plus logique et la plus pertinente. Il n’a pas sablé ses planchers à fond, il n’a que nettoyer légèrement la surface, de la façon suivante :

  • il a utilisé un sableuse orbitale, sur les planchers de bois DUR seulement, un premier coup au papier 60, un deuxième au 120 pour finir. (Il a utiliser, tout simplement une perceuse électrique munie d’un disque sur lequel on fixe des papiers à sabler). Par contre on n’utilise jamais une telle sableuse orbitale sur des planchers de bois MOU comme le pin ou l’épinette, c’est trop agressif et rotatif, ça laisse des marques en rond de sablage, et ça « scrap » un plancher.
  • Pour les planchers de bois MOU, il a utilisé une petite sableuse carrée, qu’on tient dans une main, dite : « ponceuse ».


C’est un travail plus long à faire, à quatre pattes par terre, que de le faire debout avec une grosse sableuse à plancher industrielle. Par contre le résultat final est plus respectueux et plus près de la réalité du passé.

Avertissement ! ça sent fort les huiles, on ne fait pas ça l’hiver, bien enfermé… Voici ce que ça donne, les planchers de Mario sur les photos ci-bas #7 à 13.
 

Photo 7

Plancher de bois DUR d’érable, sablage manuel orbital léger en surface pour nettoyer seulement. Application de 1 couche huile de base, 3 couches de parcoleum.

 

Photo 8

Plancher de bois MOU d’épinette, sablage manuel à la ponceuse en surface pour nettoyer seulement. L’inégalité de l’usure par le temps du plancher, demeure intact ; on le remarque par les nœuds qui usent moins vite que le bois plus tendre qui les entoure. Application de 1 couche huile de base, 3 couches parcoleum.

 

Photo 9

Plancher d’érable en premier plan, plancher de pin plus loin (haut de la photo), base d'escalier de pin (à gauche). Traitement comme décrit ci-haut en bois DUR et MOU.

 

Photo 10

Escalier de pin décapé. L'usure des marches est demeuré intacte. Traitement comme le plancher de bois mou.

 

Photo 11

Plancher de bois DUR de merisier. Traitement comme le plancher de bois dur.

 

Photo 12

Plancher de bois MOU, madriers de pin d’origine du plancher de l’étage (l’endos est le plafond du rez-de-chaussé). Ici pour conserver au maximum l’authenticité du plancher, il n’y a pas eu de sablage de surface. Un simple nettoyage manuel au dégraisseur, 1 couche d’huile de départ et 1 couche de parcoleum. Très beau.

 

Photo 13

 

Photo 13 : Dans les 2 chambres de l'étage, plancher de bois MOU, de planches de pin, installées à joints perdus en travers du plancher de madriers vu ci-haut.

La différence entre un madrier et une planche , se situe dans l’épaisseur du matériel.
Une planche = plus ou moins 1 pouce d’épais.
Un madrier = 1.5 pouces d’épais ou plus.


Traitement comme le plancher de bois mou.

 

Photo 14

Voici les produits qu'a utiliser Mario, en photo 14.
L,huile des artisans en couche de fond, le parcoleum en finition.

 

Photo 15

Sur la photo 15, une petite vue en passant sur la magnifique charpente de toit, de la maison de Michelle et Mario. Un des fleurons architectural d’influence Française présent à St-Grégoire.
Ici le traitement de ces poutres de la charpente est parfait.

Aucune huile ou cire de finition n’a été utilisée. Il n’y a eu qu’un nettoyage manuel à l’eau et dégraisseur, à bout de bras, à bout de sueurs et de temps. Ouvrage titanesque, mais quel beau résultat naturel et authentique. La patine du temps est intacte.

 


On parle toujours de remettre en valeur des planchers sur le bois naturel, avec ou non, son usure du temps et sa patine ancienne.

Mais n’oublions pas que le plancher coloré à la peinture ou à la teinture artisanale, est aussi une alternative, qui est très près de la réalité d’autrefois.

Je peux même vous dire, qu’avec mon expérience de récupérateur, dans les nombreux curetages que j’ai faits lors de la récupération de maisons, que,
J’AI PLUS SOUVENT REMARQUÉ, DES PLANCHERS ANCIENS, PEINTS, QUE DEMEURÉS SUR LE BOIS NATUREL.

 

J'argumente sur de la couleur dans une autre rubrique : Coloration ancienne, sur planchers et boiseries.coloration ancienne sur plancher et boiserie

J'argumente de nouveau également, sur le nettoyage et le sablage des planchers avant la finition, dans la rubrique : Nettotage et sablage de bois anciens.

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