Faq : Informations GÉNÉRALES

 

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Question :

Bonjour,

J'ai pris plaisir à consulter votre site, un site qui n'a pas d'égal, je dois l'avouer.
Je me demande si au cours de vos activités vous avez eu la chance de tomber
sur des plans de bâtis du XVIIe siècle ou du XVIIIe. Je suis à la recherche de plans
en fait, de n'importe quoi qui me donnerait les proportions des maisons de l'époque
seigneuriale. J'ai noté que peu importe le volume du bâti, il semble y avoir un ratio
qui est respecté par convention. Ainsi le choix des matériaux vont de pair avec
le ratio des proportions initiales. Excluant les maisons de pierres, qui ne sont
malheureusement pas "chauffable" l'hiver.les habitations du régime français de par
la hauteur de leurs plafonds me semblent pouvoir être plus économique à chauffer.

Vous aurez deviné que mon projet serait de bâtir une réplique d'une maison de cette
époque avec des matériaux traités de la même façon d'alors. Je veux dire poutres equarries
toiture en bardeaux, goutières en cèdres planchers en pin pleine largeurs, solages de pierre
de champs etc, etc.

J'ai lu, qu'il y avait de plus en plus de petits moulins qui acceptaient de contracter tous
les ouvrages de coupes, et d'autres qui offraient l'équarissage de poutres et madriers.
Comme c'est un projet de longue haleine et que le temps ne compte pas, c'est à vous
que j'ai pensé, pour obtenir certains renseignements si vous avez le temps bien sur.

Pour l'heure un dessin d'époque, annoté  ferait l'affaire. la dimension des poutres
ds pièces de mur, poutres de toits etc, serait le bienvenu. Mon projet doit débuter dans 2 ans,
c'est un projet pour ma retraite donc y a pas le feu.

Si de participer à mon projet, à temps perdu, vous tente, ou si vous avez un site ou de la
documentation, je prends tout.

Je vous remercie pour l'attention que vous porterez à ma requête

Bien à vous

J.P.T.


Réponse :

Bonjour.

Premièrement, abonnez vous à mon site pour pouvoir "l'ouvrir" à son plein volume d'informations, et étudiez le à fond.
Vous allez avoir là, une bonne partance.
Pour l'histoire de "à temps perdu" = non je n'en ai malheureusement pas ; je n'ai d'ailleurs pas assez d'une vie pour sauver et faire tout ce que je veux faire,
dans le préservation du bâti patrimonial du Québec, donc on vas oublier ça !

 

C'est la première fois que quelqu'un m'interpelle sur une telle question des PROPORTIONS, c'est la raison pour laquelle je vais vous élaborer sur cette question.

Je n'ai jamais trouver de plans pour telles proportions, parce que tout simplement c'est qu'il n'en existent pas, à part certains plans en archives qui étaient réalisés pour des bâtisses institutionnelles, ou des maisons de villes pour bourgeois,  comme c'est le cas des plans de Chaussegros de Léry entre autre.

Pourquoi il n'y a pas de plans pour les constructions domestiques ?? parce que les charpentiers de métier du XVIIième et surtout premier quart du XVIII ième siècle (qui est l'âge d'or du régimwe Français), fonctionnaient par connaissances empiriques transmises de père en fils ou de maîtres à apprentis, de vive voix ... "sur le tas" comme on dit dans le jargon de métiers populaires.

En Nouvelle-France, le système de "compagnonage" de la France, dans les domaines de la charpenteire et menuiserie, n'a jamais été aussi rigoureux qu'en Europe ici en pays de colonie de Neuve-France.

Je me suis déjà penché sur ces phénomènes des belles proportions de ces vielles maisons Françaises, lorsque j'en ai croisé dans mon cheminement de récupérateur. J'ai mesuré des paramètres architecturaux, je me suis "fait l'oeil" avec le temps, et j'en ai déduit que :
Les proportions en générale, de différents éléments de la charpente de base d'une maison, sont basées très souvent (instinctivement) sur le rapport se situant entre le 1/3 versus 2/3 ou le 2/5 versus 3/5. Il s'agit en fait des proportions artistiques naturelles de "la règle d'art".

Ces menuisiers-charpentiers appliquaient ces proportions instinctivement, parce qu'ils l'avaient appris ainsi,
et ces connaissances ont des racines qui remontent à très loin dans l'histoire de la charpenterie médiévale Française.


On construisait par "exemples" et par "copies" des autres (mimétisme).

Pourquoi dans certaines régions du Québec on bâtissait de telles façons semblables aux voisins ?
En partie parce que, souvent les influences de bâtir provenaient des mêmes régions de France, ou provenaient d'imitation de ce qui se faisait dans son environnement ici en vaste pays neuf.

Les proportions d'une maison paysanne ne sont pas semblable au Poitou au Perche ou en Normandie, tout comme elles ne l'étaient pas également entre les maisons de régions différentes (Québec de Montréal ou du bas St-Laurent) ou même dans une même région, comme Québec, qui somme toute est le berceau des débuts.

Au début du 17ième à Québec, l'influence de la "mère patrie" s'impose en architecture, mais cette architecture est en essaie dans un pays au climat plus difficile que celui de la France.
Dansa la première moitié du 18ième, l'adaptation au pays est en plein pouvoir et les belles proportions des divers éléments architecturaux d'un bâtiment est naturelle instinctive et très présente.

J'ai cru distingué dans les plus vieux bâtiments de charpenterie de toit complexe domestique, 2 grandes influences, Percheronne et Normande.

 Également en ce même début du 17ième, on bâtissait comme en France, des structures de murs de maisons à colombages pierrotés, bousillés, et briquetés plus tardivement au 19ième.
On s'est vite aperçu que ce type de construction n'était pas adapté à notre climat nord américain ; de plus sur fondation peu profondes en terre ou pieux sur soles, ces structures de murs se détérioraient rapidement.

On a donc lentement adapté la maison Française aux paramètres clinmatiques de notre pays.
Le pièce sur pièce, ou structures de murs en pieux debouts, est apparu comme meilleure isolation et résistance au climat du golfe.
La pleine adaptation de la maison au pays, est apparue au tournant des 18 et 19ième siècles. Maison adaptée par ce que certains nistoriens appellent le "cottage Laurentien" ou la maison typiquement "Québécoise", maison bien dégagée du sol, ouvertures symétriques, toit galbé dans ses avants-toit, etc.

Mais dans toutes cette adaptation de la maison au nouveau pays,
l'équilibre des formes et les belles proportions harmonieuses des différentes composantes architecturales,
est "flagrante" sur plusieurs bâtiments anciens, encore présents parmi nous.

Il faut simplement se donner "humblement" la peine de les ré-examiner et de s'en inspirer,
pour re-créer ou restaurer un bâtiment ancien, en conservant les "belles proportions instintives", provenant de plusieurs constructions des anciens bâtisseurs au Québec.

C'est cet instinct, que plusieurs professionnels du bâti : architectes, ingénieurs, concepteurs, entrepreneurs en rénos. etc, ont perdu ou jamais apprivoisé pour plusieurs d'entre eux.

Ils
font souvent et malheureusement, des interventions d'ajouts ou de modifications sur un bâtiment ancien, en voulant innové avec des mauvais équilibres dans les composantes architecturales diverses comme le jeux des masses, des volumes, ou simplement la restauration ou l'ajout d'éléments ornementaux, qui apparaissent au final, douteux et amènent des débalancements destructeurs et inconfortables visuellement pour le bâtiment patrimonial.



Vous trouverez plusieurs informations sur le colombage pierroté, en visitant le site de la maison Lamontage à Rimouski,
un exemple rare qui a perduré jusqu'à nos jours, de ces maisons à structure de colombages. (La maison Pichette de l'Île d'Orléans est aussi un exemple toujours présent, découvert entre autres par Michel Lessard, "ce grand des grands protecteurs de notre patrimoine bâti"
http://www.maisonlamontagne.com/accueil.asp

Quelques exemples restaurées de telles structures de maisons existent également encore d'ailleurs au Sud des États-unis, le long du Missisipi,
puisque qu'au 17 et 18ième siècle, ce territoire appartenait à la Nouvelle-France. (VOIR article #87).

 
La meilleur façon de trouver un plan de ces proportions, ou de se faire l'oeil à ces (rares exemples encore debout) proportions d'équilibre exceptionnelle d'influence Françaises, c'est de visiter et d'examiner ce qui reste de ces demeures au Québec, de les mesurer et de les mettre en plans, de se faire l'oeil.

Plusieurs ouvrages d'historien et de chercheurs, sont déjà publiés sur ce sujet, et traite de ces caractéristiques, (voir mon site : FAQ / général / article: livres à consulter

 




Idéalement pour un tel projet que vous caressez de faire,il  faut s'y prendre d'avance en accumulant des matériaux. Ne pas se fier juste aux moulins à scies, ils ne peuvent plus trouver des arbres énormes pour donner de longues et grosses poutres. Donc il faut trouver ce matériel dans des démolisseurs de granges ou autres, pour avoir de belles grosseurs et longueurs matériaux écarris manuellement.

Je ne connais pas un moulin qui offre le service d'écarrir à la hache du bois, ça n'existe plus. Donc pour trouver le matérial spécifique pour une charpente de toit complexe à la Française, il faut trouver ce matériel dans le bois ancien, donc on ne fait pas çette recherche  2 mois avant de bâtir.

Comme par exemple également pour se procurer de la planche ou madriers de pin large, ça devient de plus en plus difficile, parce qu'il n'y a plus beaucoup de gros pin, il faut quérir et fouiller les moulins à scie et surveiller leur arrivages de gros bois.

C'est également comme la pierre à trouver pour la maçonnerie, on surveille les vieux solages de vieilles maisons qui passent par la démolition et acquérir ces pierres. Plusieurs de ces pierres ont des faces carrées fendues taillées manuellement pour ce type de travail.

On entrepose ce matériel d'avance. Les restaurateurs (des particuliers) sérieux de maisons ancestrales au Québec, procède tous ainsi.

En résumé c'est le genre de projet, dont il faut trouver d'avance le plus de matériel ancien possible, bien d'avance. Lorsqu'on repère tel matériel lors de recherches, on "saute dessus" quand ça passe.

Je ne participerai pas à un tel projet de A à Z à temps perdu, parce que je n'ai pas de temps perdu.
Je déborde de projets personnels ou des restaurations diverses sur bâtiments anciens existants. Par contre je peux vous tailler certaines composantes d'une structure de maison basée sur l'ancienne charpenterie, ou être guide avec une équipe de travail, pour relever un structurel de bâtiment anciens.

J'ai déjà reconstituer de telles charpentes de toit à la Française, avec des vielles poutres de récupération. Avec de belles proportions.
J'ai eu plusieurs maîtres "fantômes" du temps passé, qui m'ont enseigné par exemples que je continue d'analyser et de m'imprégner. J'ai mis une partie de ma vie à examiner ce qu'ils ont fait et je ne demeure encore qu'un simple apprenti, face à ces réalisations simples et géniales qui tiennent encore le coup 200 quek années plus tard ...

Au plaisir de vous rencontrer un jour.





altPhoto JB

Sur la photo JB : Un bel exemple d'agréables proportions architecturales, provenant du 17 et 18ièmes siècles, le manoir Charleville.

Photo prise par Michel Martel, lors de travaux de reconstitution du toit de la grange en pièce sur pièce de ce domaine,
en novembre 2007, avec mon copain de métier Yves St-Pierre.






En lisant des livres publiés (entre autres) dans la première moitié du 20ième siècle,

vous y verrez des anciennes photos qui témoignent des beaux équilibres architecturaux de ces anciennes maisons.

Voici quelques exemples de maisons de l'ïle d'Orléans.
















































































































Certaines toiles, d'artistes peintres (entre autres les oeuvres de Cornelius Krieghoff) du 19ième siècle,
témoignent d'indices intéressants, d'intérieurs ou d'extérieurs de maisons.


 
 
 

 

Les 4 photos suivantes, nous montre des exemples de maisons, à leur apparence aux années 1970.

C'est en examinant les photos le plus anciennes, que l'on peut percevoir,

les restants d'indices importants, de cet équilibre architecturale "instinctif",
qui nous est parvenu du passé.

 
Photo-1
 
Cette photo-1 de Florent Tremblay, nous montre une maison à Beauport, du début du 18ième siècle (La Source), en ruine vers 1970.
On peut apercevoir la forme architecturale des maisons à toit pentus, bien équilibrées d’influence Française.
 
En examinant cette photo, on remarque également que les murs extérieurs de cette maison RURALE de pierre, montrent encore sont enduit de crépi (mortier de chaux) blanchi au lait de chaux.
On est loin des apparences "contemporaines des 20 et 21 ième siècles" de certaines maisons de pierre, que les propriétaires ""fiers" d'avoir une maison de pierre et orgueilleux de la montrer", DÉGARNISSENT le crépi ancien, pour montrer la pierre avec ses joints de moriter de ciment moderne refait, qui découpe trop les formes des pierres de la maçonnerie, ou qui présente des joints trop blanc chimique ou trop gris béton.

On constate par cet exemple ancien, qu'autrefois, la plupart des maisons de pierres rurales, étaient d'apparence extérieur crépi et blanchie, pour protéger la maçonnerie des infiltrations d'eau dans les joints (gels-dégels) qui font se désagréger ces joints, et pour l'apparence traditionnelle de la blancheur.

Lorsqu'on veut revaloriser le passé, à sa juste apparence ancienne, c'est cette apparence de la maison qui est appropriée.

 

 

 

Photo-2
 

La maison Gérard Pascal de Beauport, en photo-2, sur le rang Sainte-Thérèse, provenant du début du 18ième siècle.

Cette maison à son origine à toit à pente raide Française, s’est ornée d’un larmier cintré au 19ième siècle.

On remarque également le débordement de toit, en haut des murs pignons, est léger et mince. (ce que j'explique et met en exemples de reconstitutions lors de restaurations de maisons anciennes, dans l'article : Faq / extérieur / article # 004

La fausse cheminée métallique (cheminée factice), vient balancer le toit avec la cheminée de pierre d'origine, selon la mode (le courant) Néo-classique du 19ième, qui impose un "équilibre, une symétrie d'éléments architecturaux",  aux anciennes maisons du ou d'Influence de l'ancien régime français.

Le long perron-galerie à ras le sol. Postérieur à la maison d’origine, mais qui suit encore ici les canons des modes au 19ième siècle.

L’enfigurage assymétrique des ouvertures en façade, laissent prévoir un possible agrandissement (rallongement) de la maison.

Les lucarnes sont probablement postérieures, à la construction d'origine.

Beau modèle d'équilibre, selon les tendances architecturales des 18 et 19ième siècles.





L'exemple parfait, des proportions bien équilibrées.


 


Photo-3

 

La maison Lachance (Reine Lachance en 1905) à St-Joachim en photo-3. Construite au milieu du 18ième siècle.

Un très beau spécimen de l’évolution de la maison Française dans la région de Québec,
et d'un bel équilibre entre les diverses composantes architecturales traditionnelles.

Je vous invite à lire la description de cette maison en pages 185-186, du livre de Georges Gauthier-Larouche, " Évolution de la maison rurale traditionnelle, dans la région de Québec ".


Selon monsieur Larouche, au niveau architectural,
ce doit a deux versants est un des plus beaux, des plus simples, des plus importants de la côte de Beaupré, et même de la région de Québec.

 

Photo-3

 

Reine Lachance vers 1905

 


 

Voici le texte résumé de cet artiucle que j'ai écrit sur FaceBook en fév24.

 

Les belles PROPORTIONS et l’ÉQUILIBRE dans les composantes architecturales des maisons domestiques anciennes du Québec. Des éléments qui nous proviennent de l’art Québécois ancien de bâtir. Ces paramètres importants du bâtiment ancien, sont à analyser avant de faire des interventions de restaurations ou de rénovations.

La photo ci-bas en est un des plus beaux exemples du Québec, d’un équilibre parfait entre les diverses composantes architecturales de cette maison.
C’est entre autres, selon les écrits de Georges Gauthier Larouche, un des toits le plus beau, le plus simple et le plus équilibré dans sa volumétrie et le galbe du bas de ses versants de toit.
Maison Lachance photos prises vers 1905-1970 (Reine Lachance), St-Joachim.

Il faut simplement se donner la peine de bien observer et de s'inspirer de ces équilibres traditionnels, AVANT de re-créer, restaurer ou rénover un bâtiment patrimonial ; en conservant les "belles proportions instinctives", provenant de la majorité des réalisations des anciens bâtisseurs.

C'est cet INSTINCT, que plusieurs professionnels du bâti : architectes, ingénieurs, concepteurs, entrepreneurs en rénos. etc, ont perdu ou jamais « apprivoisé ».

Ils font souvent et malheureusement, des interventions d'ajouts ou de modifications sur un bâtiment ancien, en voulant innové avec des mauvais équilibres dans les composantes architecturales diverses : comme le jeux des masses, des volumes, ou simplement la restauration ou la modification d'éléments structuraux et ornementaux. Résultats qui apparaissent souvent au final, douteux, boiteux, et amènent des débalancements destructeurs et inconfortables visuellement pour le bâtiment ancestral.

 

 

 

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